Bulletin aéronautique de PolyAir

Bulletin aéronautique de PolyAir 29/05/20

Revue de presse aéronautique

Le programme SpaceJet réduit la voilure

Mitsubishi Aircraft Corporation (MITAC) a décidé de rapatrier ses activités liées au programme SpaceJet au Japon. Cette annonce relayée par Aerotime, arrive alors que la multinationale japonaise avait déjà annoncé une réduction de moitié de ses investissements dans le SpaceJet et l’abandon de la variante M100 de 76 places. Cette dernière avait été annoncée en 2019 pour satisfaire à la clause de restriction signée entre les syndicats de pilote et les principales compagnies aériennes américaines. Celle-ci limite notamment la taille des avions des compagnies régionales sous-traitantes à 76 places.

Un M90 à Nagoya au Japon. © Grasshopper2015

Ce retrait d’investissement signifie la fermeture du centre d’essais en vol de Moose Lake, des bureaux de Seattle et du centre d’Ingénierie de Boisbriand. Cela représente quelque 600 emplois dans la région de Seattle et une cinquantaine au Québec.

Un article paru dans La Presse rappelle que l’installation du centre d’ingénierie de Boisbriand s’était accompagnée par un prêt sans intérêt de 12 millions de dollars par le gouvernement Legault. Une fermeture devrait forcer Mitsubishi à rembourser la somme prêtée par Québec.

La poursuite du développement du M90 continuera donc à Nagoya où la moitié de la main-d’œuvre affectée à la production sera remercié selon Les ailes du Québec. L’objectif est désormais de certifier le SpaceJet en 2022.

Toujours selon Les ailes du Québec, le rapatriement des activités de MITAC n’aura pas d’impact sur la reprise du programme CRJ par MHI Regional Aircraft prévu pour le 1er juin.

 

La compagnie LATAM s’est déclarée en faillite

Un Airbus A350-900 sous les couleurs de la compagnie aérienne LATAM. © Ken Fielding

La compagnie sud-américaine a demandé à être placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux États-Unis. LATAM est la compagnie la plus importante d’Amérique du Sud avec 74 millions de passagers transportés en 2019, 340 avions et près de 42 000 employés. La société qui est basée à Santiago au Chili est la victime de la baisse drastique de la demande de transport de passagers causée par la pandémie mondiale.

D’après CBC news, la mise sous protection de la compagnie est soutenu par ses principaux créanciers et doit permettre à la compagnie ainsi qu’à ses filiales locales de trouver de nouvelles sources de financement.

Malgré la mise sous protection, les vols continueront à être opérés et les billets déjà vendus sont toujours valides.

 

Suppression de 6 770 emplois chez Boeing

D’après un article paru sur FlightGlobal, 6 770 employés de Boeing ont été notifiés de leur licenciement cette semaine. Ce chiffre s’ajoute à 5 520 départs volontaires déjà prévus. Cette réduction d’effectif fait partie du plan de restructuration mondial annoncé le mois dernier qui vise à licencier 10 % de la masse salariale — soit 16 000 employés.

L’impact de la pandémie provoquée par le Sars-cov-2 sur l’industrie du transport aérien est ce qui a motivé un tel plan. La perspective d’un ralentissement de la demande pour les avions commerciaux a aussi poussé Boeing à réduire sa cadence de production. Le 787 passera de 14 à sept avions par mois en 2022, le 777 de cinq à trois en 2021 et le 737 Max de 53 à 31.

C’est dans ce contexte pour le moins morose que la production des 737 Max a repris. Le communiqué de presse de la compagnie ne précise pas de cadence de production, mais indique qu’elle sera faible. Cela n’est pas surprenant compte tenu de l’accumulation des appareils produits n’ayant pas pu être livré suite à l’immobilisation de la flotte de 737 Max.

 

L’EASA publie les moyens de certification pour les taxis aériens

Le 25 mai, l’agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a publié une proposition pour les moyens de conformités pour la certification des VTOL à condition spécial. Ce document indique quels sont les moyens permettant aux industriels de respecter le cadre de certification pour les taxis aériens — désignés « VTOL à condition spéciale » par l’EASA.

Le volocopter en démonstration à Singapour. © Nikolay Kazakov

La précision des exigences pour la certification de tels aéronefs fait suite à la floraison de quelque 150 programmes de taxi aérien hybride ou électrique. Cette industrie naissante a en effet besoin d’un cadre règlementaire pour développer des machines sûres.

L’effort de développement de ces nouveaux moyens de transport a pour but de révolutionner la mobilité urbaine en offrant un moyen de transport aérien au cœur des villes. Comme on peut le lire sur FlightGlobal, les acteurs principaux du secteur sont les start-ups Volcopter et eHang qui sont déjà dans la phase des essais en vol.

Accident de la semaine

Un Airbus A320-200 immatriculé AP-BLD opérant le vol PK-8303 entre Lahore et Karachi a percuté une zone résidentielle alors qu’il était en approche finale à Karachi le 22 mai. Sur les 91 passagers et huit membres d’équipage, seules deux personnes ont survécu.

Lors d’une première approche non stabilisée (les données tramsmises par l’ADS-B montrent une vitesse sol supérieure à 200 nœuds et une vitesse verticale supérieure à 1000 ft/min) l’appareil a touché la piste avec le train d’atterrissage partiellement ou pas sorti. L’équipage a ensuite procédé à une remise de gaz.

Vue de l’A320-200 accidenté après la première approche. ©Pakistan Plane Spotters/Hamza Omer

Les images de l’inspection de la piste 25L ainsi que des clichés de l’appareil en vol après la remise de gaz montrent que les deux moteurs sont rentrés en contact avec la piste. Lors de la seconde approche, l’équipage a indiqué avoir perdu les deux moteurs alors que l’avion se trouvait en vent-arrière pour la piste 25L. L’appareil est rentré en collision avec le sol dans une zone résidentielle à approximativement 1 350 mètres du seuil de piste 25L. La RAT (RAM air turbine) était déployée.

Les autorités pakistanaises ont la charge de l’enquête avec le soutien technique du BEA français qui extraira les données de l’enregistreur phonique (CVR) et de l’enregistreur de vol (FDR) sur le sol français.

Ces informations préliminaires sont tirées du site The Aviation Herald  de la chaine blancolirio.

 

Vidéo de la semaine

Voici le premier vol avec pilote du Volocopter VC200, le prototype de taxi aérien de la start-up allemande Volocopter. Le vol a eu lieu en 2016 avec Alex Zosel aux commandes, le cofondateur de l’entreprise.

 

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